Taux Livret A 2026 : 1,5 % depuis le 1er février — guide complet sur la rémunération, la formule de calcul, l'historique et les meilleures alternatives en France
Depuis le 1er février 2026, le taux du Livret A est fixé à 1,5 % net par an — contre 1,7 % entre le 1er août 2025 et le 31 janvier 2026. C'est officiel : l'arrêté du 28 janvier 2026, publié au Journal officiel conformément à la préconisation du Gouverneur de la Banque de France, a entériné cette nouvelle baisse, poussant le placement préféré des Français à son niveau le plus bas depuis 2022. En l'espace d'un an — entre janvier 2025 et février 2026 — le taux du Livret A aura tout simplement été divisé par deux, passant de 3 % à 1,5 %. Une évolution qui interroge et qui inquiète les quelque 57 millions de Français titulaires d'un Livret A.
Pour comprendre cette baisse, il faut revenir à la mécanique qui gouverne la rémunération du Livret A : une formule mathématique arrêtée par voie réglementaire, qui prend en compte l'inflation (indice des prix à la consommation hors tabac) et les taux du marché monétaire interbancaire européen (l'€STR). Ce mécanisme, créé pour préserver le pouvoir d'achat des épargnants tout en s'ajustant aux conditions économiques réelles, a abouti à la décision que la Banque de France a transmise au ministre de l'Économie le 15 janvier 2026 : en appliquant strictement la formule, le taux résultant aurait été de 1,4 %. Mais le Gouverneur de la Banque de France a proposé de modérer la baisse pour mieux protéger le pouvoir d'achat des épargnants, en arrondissant à 1,5 %.
Cette décision soulève plusieurs questions qui occupent aujourd'hui l'esprit de millions d'épargnants : Combien rapporte réellement mon Livret A à 1,5 % ? Le taux va-t-il continuer à baisser ou peut-on espérer un rebond en août 2026 ? Faut-il vider son Livret A et investir ailleurs ? Quelles sont les meilleures alternatives sans risque en 2026 ? Et que fait le Livret d'Épargne Populaire (LEP), qui bénéficie d'un traitement différent ? Ce guide complet et mis à jour répond à toutes ces questions avec des données vérifiées auprès des sources officielles — Banque de France, Ministère de l'Économie et Service-Public.fr.
Que vous soyez un épargnant qui cherche simplement à comprendre ce que rapporte son livret, un investisseur en quête de meilleures alternatives, ou simplement un citoyen qui veut comprendre les mécanismes économiques derrière la rémunération de son épargne réglementée — ce guide est fait pour vous. Nous aborderons l'ensemble des produits d'épargne réglementée concernés par la révision de février 2026 : Livret A, LEP, LDDS, Livret Jeune, CEL et PEL, en donnant pour chacun les taux en vigueur, les plafonds et les perspectives pour le reste de l'année 2026.
Le taux du Livret A en 2026 — Tous les chiffres officiels
Voici les taux officiels en vigueur depuis le 1er février 2026, tels qu'ils résultent de l'arrêté du 28 janvier 2026, pour l'ensemble des produits d'épargne réglementée :
- Livret A : 1,5 % net par an (contre 1,7 % du 1er août 2025 au 31 janvier 2026)
- Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) : 1,5 % net par an (aligné sur le Livret A)
- Livret d'Épargne Populaire (LEP) : 2,5 % net par an (contre 2,7 % du 1er août 2025 au 31 janvier 2026)
- Livret Jeune : minimum 1,5 % net par an (rémunération fixée librement par les banques, sans pouvoir être inférieure au Livret A)
- Compte Épargne Logement (CEL) : 1 % (soit 2/3 du taux du Livret A)
- Plan d'Épargne Logement (PEL) : 2 % pour tout PEL ouvert à partir du 1er janvier 2026 (en hausse de 0,25 point)
Ces taux sont valables pour la période du 1er février au 31 juillet 2026. La prochaine révision sera effectuée par la Banque de France à la mi-juillet 2026, pour une éventuelle nouvelle modification prenant effet au 1er août 2026.
Pourquoi le taux du Livret A a-t-il baissé en 2026 ? — La formule de calcul expliquée
La baisse du taux du Livret A à 1,5 % au 1er février 2026 n'est pas le fruit d'une décision arbitraire du gouvernement. Elle résulte de l'application d'une formule de calcul réglementaire, définie par un arrêté du 27 janvier 2021, qui combine deux variables économiques fondamentales :
Variable 1 — L'inflation (IPC hors tabac)
La première composante est l'évolution de l'Indice des Prix à la Consommation (IPC) hors tabac, mesuré par l'INSEE. Cette donnée reflète l'évolution du coût de la vie pour les ménages français. Plus l'inflation est élevée, plus le taux du Livret A tend à être élevé — pour que l'épargne garde une valeur réelle positive malgré la hausse des prix. Inversement, quand l'inflation baisse, la formule tire mécaniquement le taux du Livret A vers le bas. À l'hiver 2026, selon les données de l'INSEE, l'inflation en glissement annuel s'établissait à environ 0,88 %. Sur la période juillet-décembre 2025 prise en compte dans la formule, la moyenne semestrielle de l'IPC hors tabac en glissement annuel ressortait également autour de 0,88 %.
Variable 2 — Les taux interbancaires européens (€STR)
La seconde composante est l'€STR (Euro Short-Term Rate) — le taux du marché monétaire à très court terme dans la zone euro, calculé quotidiennement par la Banque Centrale Européenne (BCE). Il reflète les conditions de financement à court terme dans le système bancaire européen. Sur la période de calcul (juillet-décembre 2025), la moyenne de l'€STR s'est établie à environ 1,93 %, en recul par rapport aux périodes précédentes en raison des baisses successives des taux directeurs de la BCE depuis mi-2024.
Le calcul concret pour février 2026
En appliquant la formule réglementaire à ces deux variables, la Banque de France obtenait un taux théorique du Livret A de 1,4 %. Conformément à ses prérogatives, le Gouverneur de la Banque de France a proposé de modérer cette baisse en arrondissant à 1,5 %, estimant que ce niveau restait bien au-dessus de l'inflation de décembre 2025 (0,8 %) et préservait donc adéquatement le pouvoir d'achat des épargnants. Le ministre de l'Économie a suivi cette recommandation.
La formule est claire : quand l'inflation et les taux interbancaires baissent simultanément — comme c'est le cas depuis mi-2024 — le taux du Livret A suit mécaniquement à la baisse. Ce n'est pas une punition infligée aux épargnants, mais le reflet mécanique d'une économie en phase de désinflation et de détente monétaire.
Historique du taux du Livret A — La trajectoire depuis 2022
Pour mesurer l'ampleur de la baisse de 2025-2026, il est indispensable de la replacer dans la trajectoire historique du taux du Livret A sur les dernières années :
2022 — Le grand retournement
Après une longue décennie de taux historiquement bas — avec un plancher à 0,5 % maintenu de février 2020 à janvier 2022 — la résurgence de l'inflation liée à la reprise post-Covid et à la crise énergétique déclenchée par la guerre en Ukraine a provoqué un retournement brutal. En février 2022, le taux du Livret A remontait à 1 %, puis à 2 % en août 2022, avant d'atteindre 3 % en février 2023. Cette hausse spectaculaire a relancé l'attractivité du placement préféré des Français et provoqué un afflux massif d'épargne vers les livrets réglementés.
2023 — Le maintien au sommet
Le taux de 3 % a été maintenu sans interruption tout au long de l'année 2023, reflétant la persistance de l'inflation à des niveaux élevés. Ce fut l'un des plus longs maintiens à 3 % de l'histoire récente du Livret A, le gouvernement ayant choisi de protéger le pouvoir d'achat des épargnants dans un contexte économique difficile.
2024 — Premiers signes d'inflexion
Le taux est resté à 3 % tout au long de 2024, alimentant une collecte record sur le Livret A. La Caisse des Dépôts et Consignations a enregistré des encours historiques, avec des Français préférant la sécurité et la liquidité des livrets réglementés aux aléas des marchés financiers.
2025 — L'année de la double baisse
L'année 2025 a marqué le début de la décrue. Deux baisses successives ont ramené le taux de 3 % à 1,7 % en quelques mois :
- 1er février 2025 : baisse de 3 % à 2,4 %
- 1er août 2025 : nouvelle baisse de 2,4 % à 1,7 %
Malgré cette baisse, le taux moyen sur l'année 2025 s'est établi à 2,17 % — un niveau encore respectable comparé aux années pre-inflation. Cependant, la tendance était nettement engagée à la baisse, et la collecte nette sur le Livret A a reculé d'environ 3,6 milliards d'euros par rapport au début d'année 2025 — un plus bas depuis 2015 selon la Caisse des Dépôts et Consignations. En parallèle, l'assurance-vie engrangeait plus de 44 milliards d'euros de collecte nette à fin octobre 2025, montrant que les épargnants commençaient à arbitrer en faveur d'autres supports.
Février 2026 — Le nouveau plancher depuis 2022
Avec la baisse du 1er février 2026, le Livret A atteint donc 1,5 % — son niveau le plus bas depuis 2022, soit exactement au moment où il avait commencé sa remontée spectaculaire liée à la crise inflationniste. Le contraste est marquant : en 24 mois, le taux est passé de 3 % à 1,5 %, une division exacte par deux.
Ce que rapporte concrètement le Livret A à 1,5 % — Calcul des intérêts
Comprendre ce que rapporte son Livret A à 1,5 % est la question la plus pratique pour l'épargnant ordinaire. Voici les calculs concrets pour différents niveaux d'encours :
Règle de calcul des intérêts du Livret A
Les intérêts sur le Livret A sont calculés par quinzaine civile : les dépôts portent intérêts à compter du premier jour de la quinzaine suivant leur versement (1er ou 16 du mois), et les retraits les perdent à compter du dernier jour de la quinzaine précédant leur prélèvement. Les intérêts sont capitalisés une fois par an, le 31 décembre de chaque année, et s'ajoutent au capital pour l'année suivante.
Ce que rapporte le Livret A selon l'encours
- 1 000 € de capital : 15 € d'intérêts par an à 1,5 % (contre 30 € à 3 %)
- 5 000 € : 75 € d'intérêts annuels
- 7 500 € : 112,50 € d'intérêts par an. Sur 6 mois, la perte par rapport au taux précédent de 1,7 % est d'environ 11,25 €
- 10 000 € : 150 € par an
- 15 000 € : 225 € par an
- 22 950 € (plafond maximum) : 344,25 € d'intérêts par an — c'est le rendement maximal atteignable sur un Livret A en 2026
Le plafond du Livret A — Un rappel essentiel
Le plafond du Livret A est fixé à 22 950 euros pour les particuliers. Cela signifie qu'aucun versement ne peut être effectué une fois ce plafond atteint — mais les intérêts capitalisés peuvent faire dépasser cette limite, puisqu'ils s'ajoutent au capital même si ce dernier est au plafond. Pour un Livret A au plafond depuis le début de l'année, le gain annuel à 1,5 % est donc de 344,25 €, net de tout impôt et prélèvement social — car les intérêts du Livret A sont totalement exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.
Le rendement réel du Livret A — Ce que dit l'inflation
Au-delà du taux nominal affiché, la notion qui compte vraiment pour l'épargnant est le rendement réel — c'est-à-dire la performance du placement après déduction de l'inflation, qui mesure la progression réelle du pouvoir d'achat de l'épargne.
Comment calculer le rendement réel
Le rendement réel s'obtient en soustrayant l'inflation du taux nominal du Livret A. En simplifiant :
- Taux nominal Livret A (1er semestre 2026) : 1,5 %
- Inflation en décembre 2025 : 0,8 %
- Rendement réel approximatif : +0,7 %
En début 2026, le rendement réel du Livret A est donc légèrement positif — ce qui signifie que l'épargne placée sur un Livret A gagne très modestement en pouvoir d'achat. C'est mieux que rien, mais c'est nettement insuffisant pour parler de « valorisation » de l'épargne.
Il convient de nuancer : si l'inflation remontait vers 1,3 % en cours d'année — ce que certaines projections envisagent dans un contexte de tension sur les prix de l'énergie — le rendement réel tomberait à seulement 0,2 %, voire proche de zéro. Le gouvernement lui-même reconnaît que le rendement réel actuel « préserve le pouvoir d'achat » mais ne génère pas de création de valeur réelle significative pour l'épargnant.
Le LEP à 2,5 % — Le vrai gagnant de la révision de février 2026
Si la baisse du taux du Livret A occupe les manchettes, l'une des décisions les plus importantes de l'arrêté du 28 janvier 2026 est le traitement exceptionnel accordé au Livret d'Épargne Populaire (LEP). En application stricte de la formule, le taux du LEP aurait dû descendre à 1,9 %. Mais le Gouverneur de la Banque de France a proposé un « coup de pouce » significatif : maintenir le LEP à 2,5 %, soit 0,6 point au-dessus du taux résultant de la formule.
Pourquoi ce coup de pouce pour le LEP ?
L'argument du Gouverneur de la Banque de France est clairement articulé dans sa communication du 15 janvier 2026 : « Les conditions d'éligibilité pour la détention de ce livret en font le véritable support de l'épargne populaire. » Le LEP est réservé aux personnes dont les revenus ne dépassent pas certains plafonds (liés au revenu fiscal de référence). Il est donc structurellement destiné aux ménages les plus modestes, qui dépendent davantage de leur épargne de précaution pour faire face aux aléas de la vie. Maintenir un taux de 2,5 % — nettement au-dessus de l'inflation — constitue une protection significative de leur pouvoir d'achat.
Caractéristiques du LEP en 2026
- Taux depuis le 1er février 2026 : 2,5 % net par an
- Plafond : 10 000 euros
- Gain annuel maximal (plafond atteint) : 250 € nets
- Écart avec le Livret A : +1 point
- Conditions d'éligibilité : sous conditions de ressources (revenu fiscal de référence)
Pour tout épargnant éligible au LEP, la stratégie optimale en 2026 est claire : maximiser l'encours du LEP en priorité avant de compléter avec un Livret A, compte tenu de l'écart de rémunération de 1 point entre les deux produits.
Le LDDS — Le jumeau du Livret A
Le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) suit exactement le même taux que le Livret A : il est donc également à 1,5 % depuis le 1er février 2026. Son plafond est de 12 000 euros, soit moins que le Livret A. Son principal avantage distinctif est son objet : les fonds collectés sur le LDDS sont fléchés vers le financement de projets économes en énergie et l'économie sociale et solidaire — ce qui peut constituer un argument pour les épargnants sensibles aux considérations environnementales. En termes financiers purs, LDDS et Livret A sont strictement équivalents.
Le PEL à 2 % — La bonne nouvelle de janvier 2026
Une bonne nouvelle pour les épargnants : à partir du 1er janvier 2026, la rémunération des nouveaux Plans d'Épargne Logement (PEL) a été revalorisée de 0,25 point pour atteindre 2 % (contre 1,75 % pour les PEL ouverts en 2025). Cette hausse renforce l'attractivité du PEL par rapport au Livret A, avec l'avantage supplémentaire que les intérêts du PEL sont garantis pour toute la durée du plan (au moins 4 ans). En contrepartie, les fonds ne sont pas librement disponibles à tout moment comme sur le Livret A — le blocage est de 4 ans minimum avant tout retrait partiel sans clôture du plan.
Taux du Livret A en août 2026 — Ce qu'anticipent les experts
La question qui préoccupe les épargnants depuis l'annonce de la baisse de février 2026 est naturellement : que va-t-il se passer au 1er août 2026 ? La prochaine révision semestrielle sera calculée par la Banque de France à la mi-juillet 2026. Plusieurs scénarios sont envisagés par les experts :
Scénario 1 — Maintien à 1,5 %
Si l'inflation reste autour de 1 % et que l'€STR se stabilise à des niveaux proches de 1,9-2 %, le taux résultant de la formule serait proche de 1,5 % — plaidant pour un maintien. C'est le scénario central de la plupart des analystes.
Scénario 2 — Léger rebond à 1,6 % ou 1,75 %
Meilleurtaux Placement anticipe un possible rebond à 1,6 % en août si l'inflation remonte à environ 1,3 % et que l'€STR se maintient à 1,93 %. Ce scénario est rendu possible par la légère reprise de l'inflation observée en février 2026 (autour de 1 % sur un an) et par les tensions sur les prix de l'énergie liées à la crise géopolitique internationale. Pour un Livret A à 7 500 €, ce rebond représenterait un gain supplémentaire d'environ 7,50 € sur les six mois.
Scénario 3 — Nouvelle baisse à 1,4 %
Dans le scénario le plus pessimiste — désinflation prononcée et baisse supplémentaire des taux de la BCE — le taux du Livret A pourrait continuer à baisser vers 1,4 %, voire 1,25 %. Ce scénario est jugé peu probable à court terme mais ne peut être exclu si la dynamique économique européenne se détériore fortement.
Il faut noter qu'il existe un plancher réglementaire absolu de 0,5 % pour le Livret A : quelle que soit la formule de calcul, le taux ne peut jamais descendre en dessous de ce niveau. Ce filet de sécurité évite que la rémunération du Livret A s'effondre lors des cycles de très faible inflation.
Faut-il vider son Livret A en 2026 ? — Analyse et conseils
La tentation de vider son Livret A face à la baisse de rémunération est compréhensible, mais elle mérite d'être analysée avec soin et nuance.
Ce que le Livret A fait mieux que tout autre placement
Avant de chercher des alternatives, il convient de rappeler les qualités intrinsèques du Livret A qui en font un placement irremplaçable pour la partie de l'épargne dite « de précaution » :
- Disponibilité immédiate : les fonds sont accessibles à tout moment, 24h/24, sans préavis ni pénalité
- Absence de risque en capital : garanti par l'État, le capital ne peut en aucun cas diminuer
- Exonération fiscale totale : intérêts exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux (0 % de fiscalité)
- Absence de frais : aucuns frais d'ouverture, de gestion ou de clôture
- Accessibilité universelle : ouvert à tous les résidents en France, même les mineurs
Ces caractéristiques font du Livret A le support idéal pour l'épargne de précaution — le « matelas de sécurité » représentant l'équivalent de 3 à 6 mois de dépenses courantes dont chaque foyer a besoin pour faire face aux imprévus. Pour cette portion de l'épargne, il n'existe pas de meilleur placement : aucune alternative ne combine de façon aussi avantageuse la sécurité, la liquidité, la rentabilité nette de fiscalité et l'accessibilité.
Quand et comment chercher des alternatives
En revanche, si votre Livret A abrite une épargne dont vous n'avez pas besoin à court terme — des sommes qui pourraient être immobilisées pendant 3, 5, 10 ans ou plus — alors la baisse du taux à 1,5 % est effectivement le signal qu'il convient de réfléchir à une allocation différente. L'épargne « longue » a des alternatives bien plus performantes que le Livret A, même si elles s'accompagnent de contraintes ou de risques supplémentaires.
Les alternatives au Livret A en 2026 — Sans risque ou à risque mesuré
Pour les épargnants qui souhaitent optimiser la rémunération de leur épargne au-delà du simple Livret A, voici un panorama des meilleures alternatives disponibles en 2026, classées par profil de risque :
Sans risque — Les livrets bancaires boostés
Les livrets bancaires « boostés » ou « super-livrets » proposés par les banques en ligne et les néo-banques peuvent offrir des taux promotionnels temporaires nettement supérieurs au Livret A. Attention cependant : ces taux sont soumis à la flat tax de 30 % (prélèvement forfaitaire unique), contrairement aux intérêts du Livret A totalement exonérés. Il faut donc comparer les rendements nets de fiscalité, et non les taux nominaux affichés. Un livret bancaire à 3 % brut correspond à un rendement net d'environ 2,1 % seulement après flat tax — à peine mieux que le Livret A en termes nets. De plus, les taux boostés sont souvent limités à quelques mois.
Sans risque — Les fonds en euros de l'assurance-vie
Les fonds en euros de l'assurance-vie représentent l'alternative sans risque la plus sérieuse au Livret A pour l'épargne à moyen et long terme. En 2024, la moyenne de marché s'établissait à 2,60 % de rendement, avec des assureurs performants dépassant 3 % et certains proposant des offres « boostées » pour les nouveaux versements. En 2026, certaines offres spéciales atteignent des rendements comparables, conditionnés à l'investissement d'une fraction en unités de compte. En contrepartie de cette meilleure rémunération, l'assurance-vie impose une certaine durée de détention recommandée (8 ans minimum pour optimiser la fiscalité) et une disponibilité des fonds légèrement moins immédiate que le Livret A (plusieurs jours ouvrés pour un rachat).
Risque modéré — Le PEL à 2 %
Pour les projets immobiliers à moyen terme (achat de résidence principale), le Plan d'Épargne Logement (PEL) ouvert depuis janvier 2026 offre un taux de 2 % garanti pour toute la durée du plan. C'est mieux que le Livret A, avec un blocage des fonds pendant 4 ans minimum. Le PEL permet également d'obtenir un prêt immobilier à taux préférentiel à l'issue de la période d'épargne.
Risque variable — Les ETF et placements boursiers
Pour une épargne dont l'horizon est supérieur à 5-10 ans, les placements en actions ou via des ETF (fonds indiciels) dans un PEA ou une assurance-vie multisupport offrent historiquement des rendements nettement supérieurs au Livret A sur le long terme — mais avec une volatilité significative et un risque de perte en capital à court terme. Ces placements ne sont pas des alternatives au Livret A pour l'épargne de précaution, mais complètent efficacement une stratégie patrimoniale diversifiée pour l'épargne longue.
Comment est utilisé l'argent du Livret A ? — Le rôle dans l'économie française
Une dimension souvent méconnue du Livret A est la façon dont l'argent qui y est déposé par les Français est utilisé pour financer des projets d'intérêt général. Comprendre ce rôle permet de saisir pourquoi le gouvernement se préoccupe autant du taux du Livret A et de ses effets sur la collecte.
La grande majorité des fonds collectés sur le Livret A (et le LDDS) sont centralisés à la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), qui les utilise pour financer notamment :
- Le logement social : les bailleurs sociaux (HLM) empruntent auprès de la CDC à des taux préférentiels pour construire et rénover des logements abordables. En 2025, la baisse du taux du Livret A a permis à la Banque des Territoires (filiale de la CDC) d'octroyer plus de 41 Mds€ de crédits, en hausse de 45 % par rapport à 2024.
- La politique de la ville : financement des quartiers prioritaires et des projets de développement urbain.
- La transition écologique : les « prêts verts » aux collectivités locales pour financer la rénovation énergétique (10,5 Mds€ en 2025, +96 % par rapport à 2024).
- Les infrastructures publiques : transports, équipements publics locaux, etc.
Cette dimension solidaire et utile à l'intérêt général explique pourquoi le Livret A bénéficie de l'exonération fiscale totale accordée par l'État : ce n'est pas seulement un avantage pour l'épargnant, c'est un mécanisme de financement de l'économie et des politiques publiques.
Foire aux questions (FAQ) — Taux Livret A 2026
Quel est le taux du Livret A en 2026 ?
Le taux du Livret A est fixé à 1,5 % net par an depuis le 1er février 2026, conformément à l'arrêté du 28 janvier 2026 pris par le ministre de l'Économie sur recommandation du Gouverneur de la Banque de France. Ce taux restera en vigueur jusqu'au 31 juillet 2026, date de la prochaine révision.
Pourquoi le taux du Livret A a-t-il baissé en 2026 ?
La baisse résulte de l'application de la formule de calcul réglementaire du taux du Livret A, qui combine l'inflation (IPC hors tabac) et les taux du marché monétaire européen (€STR). Sur la période de référence juillet-décembre 2025, l'inflation moyenne s'est établie à 0,88 % et l'€STR moyen à 1,93 %, donnant un taux théorique de 1,4 %. Le Gouverneur de la Banque de France a proposé un arrondi à 1,5 % pour mieux protéger le pouvoir d'achat des épargnants.
Quel est le plafond du Livret A en 2026 ?
Le plafond du Livret A pour les particuliers reste fixé à 22 950 euros en 2026, inchangé depuis 2013. Au plafond, un Livret A à 1,5 % génère 344,25 euros d'intérêts annuels nets, totalement exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux.
Quel est le taux du LEP en 2026 ?
Le Livret d'Épargne Populaire (LEP) est rémunéré à 2,5 % depuis le 1er février 2026 — soit 1 point de plus que le Livret A. Ce « coup de pouce » décidé par le Gouverneur de la Banque de France est supérieur de 0,6 point au taux résultant de la formule (1,9 %). Il bénéficie aux épargnants éligibles (sous conditions de revenus) et est plafonné à 10 000 euros.
Le taux du Livret A va-t-il changer en août 2026 ?
La prochaine révision du taux du Livret A est prévue au 1er août 2026. Les experts anticipent principalement un maintien à 1,5 % ou une légère hausse à 1,6 % si l'inflation remontait vers 1,3 % et que l'€STR se maintient autour de 1,93 %. Une nouvelle baisse est moins probable mais ne peut être exclue. L'annonce officielle sera faite par la Banque de France à la mi-juillet 2026.
Les intérêts du Livret A sont-ils imposables ?
Non. Les intérêts du Livret A sont totalement exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, quelle que soit la tranche d'imposition du titulaire. C'est l'un des principaux atouts du Livret A par rapport aux autres placements réglementés ou bancaires. Cette exonération est accordée en contrepartie du rôle que joue le Livret A dans le financement du logement social et de l'économie publique.
Faut-il retirer son argent du Livret A en 2026 ?
Non pour la partie épargne de précaution (3 à 6 mois de dépenses courantes), qui doit rester sur le Livret A pour sa liquidité et sa sécurité. En revanche, pour l'épargne longue qui n'a pas vocation à être disponible rapidement, il peut être judicieux d'explorer des alternatives mieux rémunérées comme les fonds en euros de l'assurance-vie, le LEP (si éligible) ou le PEL ouvert en 2026 à 2 %.
Conclusion — Le Livret A à 1,5 % : moins rentable, toujours indispensable
La baisse du taux du Livret A à 1,5 % depuis le 1er février 2026 est réelle, significative et inscrite dans une tendance baissière amorcée il y a plus d'un an. En l'espace de 13 mois, le placement préféré de 57 millions de Français a vu sa rémunération divisée par deux. C'est le reflet direct et mécanique d'une économie française et européenne en phase de désinflation — une bonne nouvelle pour les consommateurs et les emprunteurs, mais une moins bonne nouvelle pour les épargnants qui s'étaient habitués aux 3 % de 2023-2024.
Pour autant, il serait inexact et imprudent de conclure que le Livret A a perdu son utilité. Le rendement réel de 0,7 % (taux – inflation) reste positif, ce qui signifie que le pouvoir d'achat de l'épargne est préservé. La garantie totale du capital par l'État, la disponibilité immédiate des fonds, l'exonération fiscale complète et l'accessibilité à tous font du Livret A un outil irremplaçable pour l'épargne de précaution. Aucun autre placement ne combine ces quatre qualités dans les mêmes conditions.
La bonne stratégie en 2026 n'est pas de vider son Livret A mais de l'optimiser : conserver dessus le montant nécessaire à la sécurité du foyer (équivalent de 3 à 6 mois de dépenses), s'assurer d'avoir ouvert et maximisé son LEP si l'on est éligible (2,5 %, 1 point de plus), et réorienter l'épargne longue excédentaire vers des supports plus dynamiques — assurance-vie, PEA, immobilier — en acceptant les contraintes de liquidité ou de risque que cela implique.
Gardez un œil sur les communications de la Banque de France à l'approche de la mi-juillet 2026 : elles détermineront ce que sera le taux du Livret A à partir du 1er août. La légère remontée de l'inflation observée en début d'année laisse espérer un modeste rebond — mais rien n'est garanti.